Rencontres à Paris – relations virtuelles – chassés croisés amoureux

Nous vivons une histoire d’amour fusionnelle avec Paris. Vivre à Paris, c’est vivre avec Paris, avec son immensité et ses travers. Cette passion dévorante nous consume et en retour, nous la consommons. Jalouse et possessive, la capitale de l’amour nous accapare et nous empêche de prendre le temps de vivre une vraie Histoire d’amour.

Vivre à Paris, c’est avant tout, vivre avec les Parisiens. La chose n’est pas aisée.

Tous, rêveurs et utopistes sur un même territoire délimité par le périph, le dessin pourrait s’avérer magnifique d’interactions, de couleurs et de mouvements. Pourtant, les chassés croisés amoureux se font volatiles et fugaces.

Le Parisien est par essence nonchalant, il vit au rythme de la Seine et va où le vent le porte. Hélas, le vent le fait rencontrer inlassablement et éternellement une multitude de personnes. A ce rythme de croisière, les contacts et les échanges se multiplient. Sollicités à outrance, Ils perdent le goût des rencontres. Plus elles sont paramétrées à la chaîne, moins elles ont de charme.

Ce qui n’arrange rien à la dynamique du Parisien, c’est son côté « hype », « over-connecté », il l’assume.

Ancré dans le digital, prisonniers de la géolocalisation, il ajoute à ses rares rencontres spontanées, la perspective infinie des rencontres en un clic. Comment se démarquer ?

Il va sur Tinder ou sur Happn, comme d’autres jouent à Candy Crush. L’arrêt sur image disparait peu à peu de sa logique. Le Parisien se rêve polygame. Drogué par la surenchère des rencontres de filles toujours plus belles, toujours plus différentes, il ne parvient plus à lâcher son écran. Un adolescent en mal d’amour sommeille en lui, lui et sa Game Boy. Même mouvement du pouce, même regard vitreux, même recherche du gain.

Le Parisien d’aujourd’hui ne parvient plus à s’arrêter. Où est l’exception à la règle, où est le flash d’arrêt, le clap de fin ?

Quand est-ce qu’on pourra faire une détox de portable et d’appli et vivre sa vie en vrai. Prendre le temps de considérer les autres autour de soi, découvrir la singularité de chaque être et s’échapper du mode de consommation virtuel qui crée des couples de chanceux mais détruit à petit feu la magie de la rencontre non orchestrée, hasardeuse, singulière.

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