Messmer – Bobino – Intemporel

par Paris Frivole

Paris Frivole était convié de mercredi 10 décembre au spectacle du fascinateur Messmer au Théâtre Bobino. La renommée internationale du “show man” ne pouvait pas nous laisser indifférents. L’hypnoses, le transfert d’énergie et le magnétisme sont ses armes sur scène…

Comment expliquer un tel succès ? Comment Messmer parvient-il à manipuler avec succès son public ? 

Messmer

Ainsi donc, Messmer invite le spectateur à lâcher prise et à flirter avec son subconscient. Là, le voyage se fait troublant, hors du temps et de l’espace. En d’autres termes, Messmer fait ce qu’il veut de vous sous réserve que vous soyez sensibles à ses méthodes hypnotiques. Il vous endort, vous fait imiter le bébé dans le ventre de sa mère, vous fait hurler, vous fait mimer la “tétée”, marcher à quatre pattes, vous fait danser… Vous vous retrouvez à faire un câlin à votre voisin, à vous grimper dessus, à vous prendre pour un homme de Cromagnon, à tuer un Mamouth…

C’est à priori cocasse et bon enfant mais  là où le spectacle devient un brin malsain c’est quand on se surprend à aimer regarder un homme bien sous tout rapport et une girl next door ne plus répondre de leur corps. Le voyeurisme est à son paroxysme

Bref, le star system de Messmer repose sur le lâcher-prise, et il est brillant dans cette affaire mais là où le bas blesse c’est qu‘il fait du “ridicule” son fond de commerce

Messmer maîtrise la scène et ses jeux d’hypnoses qui ne sont pas réalisées avec tant d’éthique que cela. Si j’étais montée sur scène et que je me serais roulée par terre comme les autres cobbayes, qui aurait remis ma robe en place  ? J’aurais été livrée en pâture à un public hilare face à mes attitudes primitives et déshonorantes.

Le public rend son spectacle vivant puisqu’il choisit parmi les volontaires les sujets les plus sensibles à l’hypnoses mais ne vous méprenez pas, ce n’est pas vous la star, c’est résolument lui. Il arrive sur scène avec une musique de conquérant et sous un nuage de fumée. L’égotrip et le culte de la personne sont au coeur du débat. L’égo de Messmer est sauf, mais pas celui de ses cobbayes… L’homme devient marionnette. 

Ainsi une femme qui a terriblement peur des rats se retrouve à en caresser un, deux hétéros se retrouvent à se peloter les fesses et à danser un slow… On ne peut pas dire qu’ils soient des victimes car ils sont venus sur scène de leur plein gré, mais réalisaient-ils ce qu’ils étaient sur le point de faire sur scène ? Non.

Il évoque sa vie et utilise une méthode oratoire bien connue : le story telling. Ainsi, il raconte que son grand-père lui a légué à sa mort un grimoire sur l’hypnose avec des notes… Cette histoire, probablement vraie est en fait racontée dans le but ultime se ce starifier en utilisant un argument d’autorité : “j’étais voué à faire cela”, “c’était écrit” … etc, cela ressemble étrangement à une histoire pour enfant. 

Ses qualités oratoires sont indéniables, il répète souvent les même mots comme pour nous les imprimer au cerveau, le son de sa voix s’intensifie, il effectue des onomatopées pour rendre les “endormissements” de ses cobayes plus spectaculaires. Se prendrait-il pour un magicien avec ses jeux de scène ?

Messmer insite bien sur le fait que l’hypnose ne soit pas dangereuse, pourtant elle l’est… Quand le cauchemar est trop intense, on se réveille certes… Mais il est parfois difficile d’accepter l’expérience que l’on a vécu sur scène car on en est conscient. Parfois, le temps de récupération est si long que cela laisse l’être dans un état dépressif et de fatigue extrême. Après l’hypnose, il est facile de déraper.

Dans la salle il y a d’ailleurs eu plusieurs malaises, des pleurs, des gens qui se sentaient mal et Messmer a dit que c’était normal mais aucunement grave et qu’il ne fallait surtout pas être alerté car cela amplifiait le phénomène.

La promesse du spectacle de Messmer est tenue, on se trouve fasse à un show époustouflant mais à quel prix ?

 

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